Sur les pas de Saint Ildut

VOYAGE AU PAYS DE GALLES SUR LES TRACES DE SAINT ILDUT (ILLTYD)

Pays de Galles

 

 

Parc naturel de BreconParc naturel de BreconParc naturel de Brecon  Parc naturel de Brecon

 

 

Qu’est ce qui vous a déterminés à aller au Pays de Galles cet été ?

Le pardon de Loc-Ildut aura 50 ans l’an prochain ; il a été relancé en 1965 grâce à l’abbé Broc’h. Le 26 juillet 2015, il faudra que cet anniversaire exceptionnel soit fêté comme il se doit.

Saint Ildut étant parti du Pays de Galles pour venir nous évangéliser, il nous a semblé opportun d’associer à notre fête les paroisses galloises qui lui sont dédiées.

Combien de temps êtes-vous restés sur place ?

Notre périple dans le sud du Pays de Galles, entre Cardiff et Swansea, a duré à peine cinq jours. Grâce aux travaux de Job an Irien concernant saint Ildut et les autres saints fondateurs de l’Eglise bretonne, nous avons pu aller à l’essentiel et exploiter au mieux le peu de temps dont nous disposions.

Nous nous sommes rendus tout d’abord à Llantwit Major où la mémoire de saint Illtyd est très présente, (de façon parfois surprenante) car c’est sur le futur emplacement de cette ville qu’il avait fondé son monastère, au 5e siècle.

Llantwit MajorLlantwit Major

 

Nous avions rendez-vous à l’église, et avons été très agréablement accueillis par le révérend Butler, recteur de la paroisse anglicane; Vivien Snow, laïque, responsable catholique et Lynda Clarke interprète (ces deux dernières étant absentes sur la photo).

Llantwit Major

Le monastère, l’école et l’église qu’avait fait construire saint Ildut, se situaient en partie à l’emplacement de l’église actuelle.

Llantwit MajorLlantwit Major

Saint Ildut était un maître réputé pour sa sagesse, son instruction, et son enseignement. Au monastère de Llanwitt Major furent formés saint Divy (patron du Pays de Galles), saint Pol de Léon, saint Gildas, saint Samson… les fondateurs de l’Eglise bretonne !


Llantwit Major

Trois croix celtiques retrouvées sur le site lors de fouilles sont magnifiquement présentées dans une partie de l’église (la chapelle Galilée) inaugurée voici quelques mois. Ces croix très anciennes attestent que cet ensemble fondé par Illtyd est le plus ancien centre d’études de Grande-Bretagne.

Llantwit Major

La croix celtique en bois peint portée en procession lors du pardon de Loc-Ildut à Sizun, s’inspire de ces croix. François Olier, premier président des Amis de Loc-Ildut, en avait eu l’idée lors de son passage à Llantwit Major il y a une vingtaine d’années.

Loc Ildut 2013       Loc Ildut 2013

Ce contact fut-il important ?

Bien sûr. Il était primordial d’établir un contact direct, de pouvoir expliquer notre but, et évoquer tous ensemble celui qui nous réunissait : saint Ildut. Le climat convivial de cette rencontre doit beaucoup à notre interprète, madame Lynda Clarke, qui a grandement facilité cet échange.

Il fut très émouvant de chanter, accompagnés de l’orgue “O sant Ildut, patron karet”, dans cette église de Llantwit Major, bâtie sur les lieux du monastère du saint.

Une délégation galloise sera présente à notre pardon l’an prochain. Ce sera un grand moment de communion avec nos amis gallois, et aussi avec toutes les paroisses dédiées à saint Ildut.

 

Une marche dans le parc national de Brecon Beacons nous a menés vers un lieu où se trouve un rocher que la tradition locale qualifie de “tombeau de saint Illtyd”.

P1070301

C’est un lieu magnifique où le saint, dit-on, aimait venir prier et méditer.

Parc naturel de Brecon

 

 

 

 

Parc naturel de Brecon

Parc naturel de Brecon

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Egalement dédiée à saint Illtyd, l’église de Llanhamlach, accueillante, proposait aux organistes de passage de jouer sur l’instrument; ce qui fut fait.

Llanhamlach

Le monastère de Llantwit Major avait des possessions sur la presquîle de Gower ; saint Illtyd y était très vénéré. Trois églises que nous avons cherché à visiter lui sont dédiées :

– Oxwich, magnifiquement située, surplombant la mer.

 

        OxwishOxwish

 

Oxwish

 

Llanrhidian

Llanrhidian

 

Llanrhidian

 

– Ilston. Cette église possède un beau vitrail représentant saint Ildut. L’église étant fermée, nous ne l’avons vue que de l’extérieur… frustration !

Ilston

Notre périple nous a fait passer par Llanharry ; et là, devant l’église, le choc!!! La statue de saint Ildut nous accueillait, dans une belle grille en ferronnerie.. réplique en fer forgé de notre statue sizunienne.

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P1110194C’est là, grâce à madame Averill Wintle, que nous avons fait la connaissance de monsieur David J Francis, professeur en retraite et historien local, passionné et passionnant. Il a eu la gentillesse , lors de cette visite impromptue, de nous donner de son temps, et de partager son savoir. Quelle rencontre chaleureuse !

Ce monsieur connaissait déjà la chapelle de Loc-Ildut: il y était venu en 1986, comme l’atteste le cadran solaire qu’il a offert à l’église de Llanharry à cette occasion.

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Plus au nord de Llantwit Major, à Cowbridge, nous avons visité l’église catholique Saint-Cadoc (saint Cadou), avec son beau vitrail représentant le saint patron.

CowbridgeCowbridge

Cowbridge     Cowbridge

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les ruines du château de Llantrithyd, ainsi que l’église Saint-Illtyd, avec son magnifique tombeau nous ont impressionnés.

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Dans la soirée, nous avons participé à la messe dans la récente église catholique de Llantwit Major, également dédiée à saint Illtyd ainsi qu’à Notre Dame.

Llantwit Major - église Notre Dame & St Iltyd

Le temps était venu pour nous de quitter cette si belle région, et ses habitants toujours aimables et prévenants… Non sans avoir admiré un somptueux coucher de soleil sur la plage de Llantwit Major.

Llantwit Major

Llantwit Major

 

crédits photos: Sylvette et Jean-Yves Le Men, Georges Provost

1 thought on “Sur les pas de Saint Ildut”

  1. Une chose importante serait à préciser: le Pays de Galles actuel est un vestige de l’ancienne Bretagne, qui, des Ve au IXe siècles, ne faisait qu’une de part en d’autre de la mer. A cette époque, en effet, la Bretagne était celle ile qui s’étend de Londres à Glasgow et qui, peu à peu, face aux coups de boutoir des Anglais, dut se rétrécir vers les contrées de Sud-Ouest, soit les Pays de Galles (Wales) Cornouailles Brittaniques (Cornwall), et comtés actuels de Devon et Somerset (ancienne principauté de Domnonée, tandis qu’une autre partie de la population émigra en traversant la “Mor Breizh” (la Manche) pour constituer une nouvelle Bretagne en Armorique, que les Bretons finirent par appeler “Breizh-Vihan” (Petite-Bretagne), par opposition à la “Grande” qu’ils venaient de quitter. Les “Grande” et “Petite” Bretagne restèrent en relation étroite pendand près de trois siècles, avant d’être submergées par les Anglais d’une part et les Français d’autre part. L’Ecosse, de son côté, qui était aussi une partie de l’ancien territoire des Bretons, finit ne s’anglicisa pas aussi vite car elle fut gagnée culturellement par l’Irlande, un autre pays celtique, mais où la langue est assez éloignée (le gaëlique) du groupe linguistique auquel appartiennent la Bretagne, le Pays-de-Galles et les Cornouailles Brittaniques actuelles.
    Il est donc inexact de parler d’ “évangélisation” des Bretons par les Gallois car ceux-ci étaient eux-mêmes des Bretons à cette époque. Non, les Bretons du Pays-de-Galles ont plutôt participé à l’émigration, dont son clergé qui accompagna abondamment les princes et le peuple bretons dans leur installation en Armorique.
    Et voici un petit supplément historique qui vous intéressera sans-doute:

    Diwar istor Breizh – Rappels historiques ou la Nouvelle-Bretagne d’Armorique

    « On demandait quelque jour à Le Tasse le sujet d’une nouvelle épopée :
    il montra les cités, des fleuves, de magnifiques campagnes : Voilà, dit-il, mon poème. »

    1- L’île

    IV-Ve siècles après Jésus-Christ. Depuis près de mille ans, les Celtes peuplent l’occi¬dent et les Bretons ont gagné, il y a déjà longtemps, cette grande île en face de l’Irlande, parmi les dernières avant l’o¬céan sans fin. Rome s’effondre au terme de 500 ans d’occupation de l’Armorique et de la Bretagne, qui se chargent alors elles-mêmes de leur défense, contre les coups de boutoir des peuples pictes, scots et germaniques. L’armée bretonne franchit la mer à plusieurs reprises pour reconstituer l’Empire d’Occident, peine perdue ! Les troupes revenues de Rome sont finalement assi¬gnées à l’Armorique, sous le commandement de Conan Meriadec (383?) , et une grande expédition militaire contre les Scots, partie d’Arecluta (Glasgow), composée de Bretons domnonéens et cornouaillais, laisse nombre de ses contingents entre Nantes et Alet; c’est l’époque de la légende de sainte Ursule et des 11000 vierges venues de l’ile pour permettre aux légions britto-armoricaines de fonder autant de familles, mais qui, détournées par un vent contraire, furent massacrées à Cologne; c’est l’époque aussi des premières monastères de Petite-Bretagne, fondés par Fragan, Gwennolé; c’est l’époque des fondations, avec la Domnonée dans une moitié nord de la péninsule, dont le Poudouvre coriosolite… Sur l’île de Bretagne, les royaumes et clans divisés, décadence du clergé, épidémies… et côté armoricain , de grands espaces vierges ou à l’abandon, accueillent les Bretons qui, déjà installés ça et là en Armorique (embauchés pour consti¬tuer un mur de l’Atlantique entre Rouen et Bordeaux), transforment la péninsule en marche maritime, rempart puissant contre les invasions franques et saxonnes. Les Bretons des légions, suite à l’effondrement de l’Empire, retournent aux métiers de la terre, de l’artisanat et du commerce maritime, pour d鬬¬¬¬¬¬¬sor¬mais accueillir les masses de plus en plus nombreuses de compatriotes contraints d’ab¬an¬donner l’île. Une Bretagne double naît alors, de part et d’autre de la Manche, et le restera pendant près de cinq siècles (Armorique, Pays de Galles, Cornouailles…)

    2. La paix d’Arthur

    Sombre période pour l’ile de Bretagne, d’aventure pour les pionniers venus s’installer en Armorique. Mais après la bataille de Badon (495), dite de l’Alleluia, l’ile renaît de ses cendres pour former, sous l’hégémonie d’Arthur – dux Brittaniae – une nouvelle confédération de principautés maritimes, qui évoluent entre la mer d’Irlande et la péninsule armoricaine, depuis Dunbarton (Glasgow) jusqu’à Rouzhouan (Redon) : ce sont les prin¬cipautés de Strathclud, Gododdin, Deira, Rheged, Gwynedd, Powys, Dyfed, Dyfneid, Kernow et Defneint, cette deux dernières à cheval entre l’ile et la Llydaw, ou Brittania Minor, ou Bretagne armoricaine . La Breta¬gne gère son empire maritime dans la con¬¬tinuité de sa charge ancienne, con¬fiée par Rome aux Bretons, de com¬mander et protéger les routes maritimes de l’Atlantique pour la pax romana. Res¬tés fidèles au prince Arthur, les Domnonéens et les Ker¬néo (Cor¬nouaillais) mènent le jeu, autant sur l’ile qu’en Armorique, et donnent leurs noms respectifs aux deux pre¬mières principautés breton¬nes de la péninsule.

    3. La décadence

    Na gredit ket e vefen deuet da lemel kuit al Lezenn pe ar Brofeted; n’on ket deuet da raskañ, met da gas da benn. – « N’allez pas croire que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. » (Matthieu 5,17)

    Arthur fut trahi par son fils Mordreuc et s’ensuivit l’invasion de l’ile par les Saxons. Arthur (545 ?) périt à la bataille de Camlan, et les royaumes insulaires s’effritent de nouveau. Alors, comme un vase communiquant, la Brittania minor prend de plus en plus d’importance, sur les terres de l’Armorique qui vont servir, en ce début de VIe siècle, de nouveau tremplin à la civilisation bretonne . Elle devra dans la foulée, deux siècles plus tard, s’agrandir des anciens territoires orientaux des Namnètes (Nantes) et des Redones (Rennes) , constituant une marche de protection contre les Francs.
    Saint Gildas de Llancarvan écrit sur les événements douloureux survenus en Bretagne insulaire en ce début de VIe siècle :

    « Juste châtiment de nos erreurs antérieures, un incendie se propagea d’une mer à l’autre, attisé par les mains impies des Saxons de l’est. Il dévora toutes les cités et les champs d’alentour et il ne s’éteignit qu’après avoir brûlé presque toute la surface de l’ïle et léché de sa terrible langue rouge jusqu’à la côte ouest de l’océan (…)
    « Ainsi toutes les cités étaient abattues par les coups répétés des béliers. Abattus aussi tous les chrétiens et les chefs de l’Eglise, en même temps que les prêtres et le peuple, pendant que les poignards étincelaient de toutes parts et que les flammes crépitaient. Vision horrible ! Au milieu des places publiques étaient entremêlés comme dans un horrible pressoir, les pierres des tours élevées, arrachées de leurs bases, celles des hauts murs, les autels sacrés et aussi les cadavres, déchiquetés, couverts de croûtes d’un sang pourpre semblable à de la gelée.
    « Il n’y avait aucune sépulture, d’aucune sorte, hormis les ruines des maisons et les ventres des bêtes sauvages et des oiseaux de proie (…) Les quelques malheureux qui avaient survécu dans les montagnes, surpris, furent massacrés en masse. Certains, minés par la faim, allaient tendre leurs mains aux ennemis : ils étaient destinés à devenir esclaves, à moins qu’ils ne fussent égorgés sur le champ, ce qui était presque pour eux un grand avantage. D’autres émigraient de l’autre côté de l’océan, avec beaucoup de tristesse; sous les voiles gonflées, ils chantaient non des refrains de marins mais ce psaume :
    « Tu nous a livrés comme des agneaux aux bouchers, et tu nous as dispersés parmi les nations » (Psaume 43, 12).
    « (…) D’autres enfin persistaient, l’esprit toujours en alerte, à rester dans la patrie; ils confiaient leur vie aux hauteurs, aux cimes menaçantes et escarpées, aux forêts les plus épaisses et aux rochers de la côte, comme si c’étaient des retranchements. »

    4. 550-650: Le Grand Siècle… de la Petite-Bretagne

    Aux IV-Ve siècles, les Bretons s’étaient signalés dans tout l’occident par une implantation statégique et sporadique de leurs contingents à la solde de Rome, ou à l’ini¬tiative de quelques-uns de leurs généraux: on les voit sur les bords du Rhin, ou près de Nantes où ils forment une communauté nombreuse. Mais aux VI-VIIe siècles , une grande partie de leur île est irrémédiablement envahie et déchirée, et c’est une émigration massive qui a lieu vers l’Armorique, trans¬plantation de com¬munautés laïques et monastiques entières , menées par les princes et les abbés(ses)… Les Kerneviz (Cornouaillais) et Devnoniz (Domnonéens) mènent la barque pour former un pays qui se répartit en trois grandes principautés, dont les deux premières toujours trans¬ma¬ritimes: la Domnonée, entre Kêr¬gent (Can¬ter¬bury) et Gwik¬¬priog (Guipry); la Cornouaille, qui s’étend de Lanvezhennog (Padstow ) à Gwenrann (Guérande) et enfonce sa proue à l’Ouest, dans l’océan. Un royaume s’en détache, entre les estuaires Laïta (Guidel) et Gwilun (Redon): le Bro-Erec, du nom du prince qui le fonda et dont les limites épousent peu ou prou celles de l’ancien peuple armoricain des Veneti (Vannes), quoique le pays de Redon ne soit pas d’origine vénète.
    Il se fait une jonction entre les familles iliennes et les communautés bretonnes armo¬ricaines; mais d’autre part, il faut composer avec les restants de gallo-romanité, autour de Darioritum (Vannes) par exemple, qui ne cédera pas facilement le pouvoir aux princes bretons.
    Dans le sud-ouest de la Bretagne insulaire (Dyfed), soit le Pays de Galles actuel, fleurit le monachisme, qui envahit de fait toute la Bretagne non occupée. L’Irlande même, est envahie par les monastères du Breton Patrick et de ses centaines de disciples, issus pour beaucoup d’entre eux de la famille de Domnonée (sainte Dararea, épouse de Conan Mériadec). Par le fait chrétien, un nouvel axe de la civilisation celtique océanique se dessine peu à peu entre l’Irlande et l’Armorique, dont le centre est ce sud-ouest de l’île de Bretagne.

    On a appelé ce grand mouvement de population la « migration des saints ». Les évé¬nements survenus sur l’île de Bretagne et la traversée qui en découla de la Mor Breizh (Manche actuelle) peuvent de prime abord apparaître comme dramatiques, mais ces grandes secousses se firent aussi dans une dynamique de ferveur chrétienne, une explosion de foi qui marque résolument la naissance de la nouvelle Bretagne et transcende son identité. La « migration des saints » est un événement non seulement très impressionnant de la culture bretonne, mais aussi l’expression la plus évidente de son essence, sa marque de fabrication et le fil rouge de son histoire, malgré de multiples tentatives d’en occulter la mémoire et l’originalité.

    Saint Athanase dira: « Le Verbe de Dieu a eu pitié de notre race, il a eu compassion de notre faiblesse, il a condescendu à notre corruption, il n’a pas accepté que la mort domine sur nous, il n’a pas voulu voir périr ce qu’il a commencé, ni échouer ce que son Père avait accompli en créant les hommes » (Sur l’Incarnation du Verbe). Voilà qui peut commenter et positiver l’évênement de l’immigration et le grand virage pris par les Bretons à cette époque.

    Kernev ha Devnon: Classis Britannica
    (diwar pennad-skrid Donwal Gwenvenez e kannadig Imbourc’h n.79, diwar-benn levr Alan J. Raude “La Naissance des nations brittoniques, de 367 à 410″ 2009 – emb. Label LN)

    ” Evit Pêr ar Baud hag evit Beltram an Arc’hantreg, edo ar Vrezhoned en Arvorig ken abred ha dibenn ar pevare kantved ha ne anavezent ket an dec’hadeg dirak an Tun-Saksoned. Staliet e oa bet ar Vrezhoned en Arvorig evel soudarded-gwarez, gant galloud Roma. En enez Preden ez eus bet div bobl a-bouez a zo bet a-du adalek an deroù evit kenlabourat gant ar galloud roman : ar C’hornoviz (Cornovii) hag an Dumnoniz (Dumnonii). Pobloù predenek all o deus kenlabouret, hogen peurvuiañ dindan gourc’hemenn an div bobl pennañ. E 367 eo bet taget Britannia roman a bep tu, gant Skoted, Saksoned (Frizoned), Pikted, ha lod pobloù keltiek emsavet evel Selgoves ha Novantes. Adsavet eo an traoù en o stad kent gant ar jeneral Theodoz an Hen, hag e 370, evit kreñvaat gwelloc’h an traoù, e krou ur broviñs nevez, anvet Valentia, en enor an impalaer Valentinius, etre Gwal Antonin ha Moger Hadrian.
    Dalc’het eo bet ar broviñs nevez gant Brezhoned feal da Roma, an Dumnonii er C’hornog, hag an Adinii er Reter. Ouzhpenn-se ez eo bet treuzdouget an XXvet legio kornovat
    eus kreiz ar vro da Valentia. Hogen ar vorlaerion skot a gendalc’he gant o argadennoù a-hed
    aodoù Mor Iwerzhon, betek en Arvorig, ha meur a ledenez a oa bet trevadennet neuze ganto: e Galloway, e Kembre, e ledenez Dumnonia (Kernow), ha ledenez Penmarc’h en Arvorig. Er bloaz 400 e voe aozet un ergerzhadeg dre vor adalek porzh Areclutae Valentia (nepell eus Glasgow) evit argas ar Skoted diouzh o diazezadennoù, pe o rediañ da asantiñ sujidigezh Roma. An ergerzhadeg-se a yelo betek aber al Liger ha Naoned, diazva kevandirel Classis britannica (Morlestraz Preden) gant Gwened. En ergerzhadeg-mor-se e kemero perzh penngadourion evel “Keredig”(Corotic), “Merien” (Meirion), “Kongar”(Concar), “Konvelen”, “Kado”(Catoi), “Riwal”(…)
    War-lerc’h an ergerzhadeg-se e voe lezet kalz soudarded vrezhon en Arvorig evel soudarded
    gwarezourion gant o ziegezhioù. Diouzh ar mare-se e tle dont anvioù-lec’h niverus e Bro-
    Naoned (hervez Leon Fleuriot) evel Brétonnière, Brétin, Brétinais, Port-Breton war ar stêr-Erz, ha Brizay, Brizet, Brisset, Brissay, Brissac, e-lec’h ma voe komzet brezhoneg en un doare padusoc’h, emdroadur hen “Brittiacum”, “Brittoniacum”(lec’hioù ma oa Brezhoned).

    Dek vloaz war-lerc’h, e 410, e voe taget Roma gant Wizigoted Alarik. Dec’halvet e voe an holl legionoù staliet e Britannia da zifenn Roma, hag ez embannas neuze an Impalaer Honorius ur Rescrit kaset d’ar c’heodedoù e Britannia ha da lod eus Gallia, hag a lavare tost da vat kement-se: “Emañ Roma en argoll, ret eo din he diwall a-raok pep tra. Ne c’hellan mui ho kwareziñ : deoc’h d’en em ziwall hoc’h-unan, deoc’h d’en em ziluziañ !” Ha Alan Raude da glozañ : Rescrit an Impalaer a ra eus an Arvorig breizhat ar gentañ broad kevandirel emren, evodet ez-kefridiel diouzh an Implaeriezh roman. Hag er gobidell-mañ evel-just, n’o devoa ar Franked perzh ebet ennañ e 410. Un dra c’hoazh da notañ : en enez vras e voe ar C’hornoviz hag an Dumnoniz ar pobloù galloudusañ. En Arvorig breizhat ez adkaver an hevelep rannadur :
    Dumnonea en Norzh, ha Cornovia (Kernev) er c’hreisteiz, pezh a ziskouez aes a-walc’h un
    aozadur milourel urzhiet.

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