La Chapelle

5 . Chapelle au bout du chemon

Chapelle au bout du chemin – Photo: Archives départementales d’Ille et Vilaine

La chapelle de Loc-Ildut est implantée dans un site remarquable, en contrebas de la route qui fut le grand axe de circulation de la région de l’Antiquité aux années 1880. Le relais de diligence (1816 – 1831 – 1845) faisant face à la chapelle est encore aujourd’hui le témoin du temps où Loc-Ildut était une étape sur la route « de Landerneau à Angers ».

6. Relais de diligence

Relais de diligence – J.Y. Le Men

La proximité de la route est une des clés de l’existence de la chapelle mais ce n’est pas la seule : on évoque aussi, sans preuve formelle, le rôle des seigneurs de Kerbilo dont le manoir était situé à proximité de la chapelle et dont est probablement issu le Dominicain Alain de la Roche, propagateur de la dévotion au Rosaire au 15e siècle. Mais la chapelle actuelle date du 17e siècle, comme en témoignent les dates de 1653 (porte du transept sud) et 1677 (porte de la nef).

7 . Date sur la chapelle

Date sur la chapelle – J.Y. Le Men

Les formes de l’édifice surprennent : elle n’a pas de clocher mais la hauteur de sa toiture ornée d’épis de faîtage en plomb, la qualité de sa maçonnerie, l’élégance de ses portes anciennes attirent l’attention.   Comment l’expliquer ? Bien sûr, elle sert de lieu de culte aux villages voisins, éloignés de plus de trois kilomètres du bourg de Sizun. Mais elle est alors connue dans toute la région comme un lieu de pèlerinage à saint Ildut. Des guérisons miraculeuses assurent sa réputation à partir du milieu du 17e s. Un ouvrage en breton imprimé en 1655, relatif au pèlerinage de Sainte-Anne d’Auray, évoque un pèlerin de Plabennec venu chercher la guérison « e Logildut, e parrez Sizun ». Dans les années qui suivent, les archives révèlent la générosité d’un homme de Guerlesquin, d’une femme de Sibiril, d’un paroissien de Milizac… qui réservent, dans leur testament, une offrande pour Loc-Ildut.

  • Fontaine de Loc-Ildut
8 . Fontaine de Loc-Ildut

Fontaine de Loc Ildut – J.Y. Le Men

Une telle notoriété, mais aussi la prospérité des toiles de lin dans la région au 17e siècle expliquent certainement la qualité de la construction et l’ambition du projet initial. Le chevet et les bras de transept devaient s’ouvrir par huit grandes baies. Les sablières portent une exceptionnelle série blochets : vingt-deux anges portant les instruments de la Passion.

9. Blochet

Blochet – INRI – Photo: J.Y. Le Men

10 . Blochet

Blochet – trente deniers de Judas – Photos: J.Y. Le Men

Le 18e siècle voit l’appauvrissement de la région et la notoriété de Loc-Ildut devient plus locale. La chapelle est achevée de façon plus modeste : plusieurs fenêtres restent en attente, le pignon oriental est construit en moellons (il porte la date de 1727). L’unique cloche est abritée dans le mur. La chapelle sert alors de lieu de culte pour les villages du nord de la paroisse : un vicaire vient y dire une messe matinale tous les dimanches. La chapelle est administrée par un voisin, le trésorier (ou fabricien) renouvelé chaque année.

11. Gravure Le Guennec

Gravure Le Guennec – Par Le Guennec

A partir de 1914, la diminution du nombre des vicaires à Sizun ne permet plus d’y célébrer régulièrement la messe. La chapelle connait alors une phase d’abandon. Privée d’entretien régulier, de messes et de pardon, elle se dégrade rapidement. Les corneilles y nichent et font des dommages aux champs de petits pois alentour. En 1932, la commune de Sizun accueille favorablement l’offre d’acquisition d’un antiquaire, agissant pour un Américain, désireux de récupérer les pierres de taille, meneaux, etc. pour les transférer outre-Atlantique. Devant la menace, la mobilisation des voisins, l’action de la Société archéologique du Finistère, la collaboration du maire et du curé de Sizun permettent d’écarter la perspective de la démolition. La chapelle est sommairement restaurée : le pignon effondré est remonté puis la toiture est refaite en 1951. La renaissance du pardon, en 1965, attire de nouveau l’attention sur la chapelle. Plusieurs de ses statues sont transférées à l’église ou au « Musée » de Sizun (dans l’ossuaire) où les visiteurs peuvent les admirer.   A l’initiative de l’association des Amis de Loc-Ildut, la chapelle fait l’objet de travaux importants dans les années 1980 : charpente, portes, vitrages des fenêtres, polychromie de la voûte, des blochets et du retable, enduits des murs. Marcel Léon, peintre local, réalise trois tableaux dont deux sont consacrés à la légende de saint Ildut et le troisième, au-dessus du maître-autel, au Bienheureux Alain de la Roche. En 1988, un calvaire est implanté à l’extérieur. Il remploie un socle daté de 1542. Les fontaines du site sont également mises en valeur.

Chapelle et croix - 1988

Chapelle et croix – 1988 – Photo: J.Y. Le Men

Plaque de shiste avec inscription

Plaque de shiste avec inscription – Sylvette Le Men

Anciens amis de Loc-Ildut

Anciens amis de Loc-Ildut – Photo: Kleier an Arre

Aujourd’hui, la chapelle nécessite une réfection complète de sa couverture, qui constitue l’objectif majeur de l’association.

Chapelle et colza

Chapelle et colza – Photo: George Provost